samedi 4 décembre 2010

Camaïeu : les salariés débrayent


Devant les grilles de Camaïeu, rue Brame, quelques pneus sont en feu. ...

Autour du brasier, une trentaine de personnes sont agglutinées. Ce sont des salariés de l'entreprise. Hier, ils ont cessé le travail à 10 h 30, pendant une heure. Et ont bravé le temps glacial pour faire part de leur mécontentement.

Au coeur de leurs revendications, les salaires. « Ça fait seize ans que je suis dans l'entreprise et je gagne 1 150 euros par mois », explique Chérif Legba, délégué Force Ouvrière. Un autre travailleur, emmitouflé dans sa capuche, confirme : « La plupart des salariés de l'entreprise ont tous dix ou quinze ans de boîte et gagnent autour de 1 000 euros. » Le SMIC. Tout juste. « On a de la chance, il va augmenter au 1er janvier », rit jaune un autre gréviste. Comme s'il ne comptait plus sur l'enseigne vestimentaire pour lui accorder une hausse de salaire.

Pourtant, chaque année, une augmentation de la rémunération de 1 % est entérinée lors des négociations annuelles. « Ça fait 10 ou 15 euros en plus », calcule un mécontent, pour qui ce petit plus ne prend la forme que d'une mauvaise blague. Pour enfoncer le clou, Chérif Legba montre une page d'un magazine économique. « Regardez la rémunération de l'ancien patron, parti avec 23,1 millions d'euros en 2009 », s'indigne le délégué, qui rappelle que « Roubaix est la ville la plus pauvre de France ». La même année, 509 personnes auraient également démissionné. La faute aux faibles rémunérations selon les syndicats, qui demandent également l'embauche en CDI des nombreux intérimaires.

Avec son action d'hier, l'intersyndicale voulait précipiter une rencontre avec la direction afin d'ouvrir des négociations sur les salaires et obtenir, dès 2010, une prime de fin d'année. C'est chose faite puisque la direction a reçu les représentants syndicaux peu après le débrayage. « La direction a écouté les revendications, a expliqué Olivier Charlier, directeur de la communication de Camaïeu. Nous leur avons donné rendez-vous au mois de mars 2011, pour les négociations annuelles obligatoires. » Pas sûr que les grévistes patientent jusqu'au printemps. Déjà, une journée de grève reconductible sera organisée ce mois-ci.

La Voix du Nord

Vers un retour de la grève sauvage ? Crise majeure en Espagne

Gauche Marxiste - Encore une fois un Parti socialiste (ici en Espagne) montre sa vraie nature : une pègre sociale-démocrate aux ordres de la bourgeoisie prête à réutiliser les méthodes fascistes du passé contre les travailleurs en lutte. Partout ces ennemis de la classe ouvrière doivent être démasqués, en Espagne, au Portugal, en France, ... les travailleurs doivent mener leurs combats en ayant conscience de ne pouvoir compter que sur leur propre auto-organisation. C'est ce que ce retour de la "grève sauvage" (qui en annonce d'autres en Europe) nous montre : face à l'illusion sociale-démocrate et aux lourdeurs des bureaucraties syndicales, les salariés doivent prendre en main leurs luttes, au risque de la "légalité" bourgeoise ...

Le gouvernement espagnol a déclaré samedi "l'état d'alerte" en réponse à la grève sauvage des contrôleurs aériens qui paralyse le trafic depuis vendredi et a plongé le pays dans une crise majeure.



C'est la première fois que le gouvernement prend une telle mesure depuis la mort du général Franco* en 1975.

En vertu de ce décret, les contrôleurs aériens pourront être mobilisés et les grévistes seront passibles de sanction pénales.

Cette décision signifie "que les contrôleurs sont convoqués à leur poste de travail et dans le cas contraire, ils seraient en situation de délit de désobéissance prévu par le code pénal militaire", a expliqué le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba après une réunion de crise du Conseil des ministres.

Le gouvernement avait décidé vendredi soir de confier la gestion du trafic aérien à l'armée, en réponse à la grève sauvage des contrôleurs déclenchée pour un litige sur le temps de travail, qui a pris le pays par surprise au départ d'un long weekend de cinq jours.

Des milliers de passagers ont passé la nuit dans les aéroports, comme celui de Madrid où seuls quelques vols transatlantiques ont pu atterrir.

L'espace aérien devait rester fermé officiellement samedi jusqu'à 19H00 (18H00 GMT), mais les grandes compagnies internationales, dont Iberia, Air France et KLM ont d'ores et déjà annulé tous leurs vols jusqu'à dimanche.

Avec cette grève, le gouvernement socialiste se trouve brutalement confronté à un conflit social majeur au moment où, sous la pression des marchés, il vient d'annoncer une nouvelle série de mesures de lutte contre la crise.

Le gouvernement avait dénoncé en termes très durs un "chantage" exercé contre les passagers et M. Rubalcaba avait évoqué de possibles peines de prison contre les grévistes.

Pourtant, malgré l'annonce vendredi que l'armée serait chargée d'assurer le contrôle aérien, ce dispositif n'était toujours pas effectif samedi, pour des raisons qui n'ont pas été expliquées.

(...)

Les contrôleurs ont abandonné leurs postes de travail en fin d'après-midi pour protester contre une mesure adoptée peu avant en Conseil des ministres, plafonnant à 1.670 heures par an leur temps de travail.

Cette mesure faisait partie du dispositif de privatisation partielle de l'Aena, à hauteur de 49%, adopté quelques heures plus tôt par le gouvernement.

"Le manque de personnel que nous avons toujours dénoncé est évident", avait déclaré le porte-parole du syndicat des contrôleurs, David Zamit, en expliquant que le plafonnement du temps de travail empêchait par exemple les contrôleurs de prendre leurs congés de paternité ou de maladie sur leurs heures de travail.

"Nous avons atteint notre limite mentalement avec ce nouveau décret qui nous oblige à travailler davantage d'heures", a expliqué un autre porte-parole, Jorge Ontiveros.

"Nous avons pris cette décision individuellement, qui s'est ensuite propagée à des collègues. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas continuer à contrôler les avions", a-t-il dit en estimant que les conditions n'étaient pas réunies pour assurer la sécurité aérienne.

L'Express

* Dictateur fasciste au pouvoir en espagne depuis 1936 jusqu'à la fin des années 70 [Ndtm]

vendredi 3 décembre 2010

Les ouvriers de Visteon Carvin en grève depuis mardi soir


« Visteon Carvin en grève » s'affiche sur un carton accroché à la grille de l'usine juste à côté d'un feu. ...

Depuis mardi, 21 h, la majorité des cent salariés du site a cessé le travail. Ils craignent le transfert de soixante d'entre eux vers Gondecourt (siège de l'équipementier automobile), suite à la non-reconduction d'un contrat qui les liait à Toyota. Et, également, la fermeture complète du site carvinois d'ici la fin 2011.

Aujourd'hui, les syndicats demandent, avant toutes autres choses, des réponses de la direction.

À cause de la perte d'un marché

L'inquiétude à Visteon, ce n'est pas nouveau. Déjà l'année dernière, les salariés s'inquiétaient de la suppression de 101 postes sur le site de Gondecourt-Carvin (liés juridiquement). Postes effectivement supprimés depuis. En mars, c'est la NAO (négociation collective dans l'entreprise) qui suscitait des craintes. Et mardi, c'est un nouveau coup de massue qui est tombé sur la tête des 100 salariés de l'usine carvinoise.

« Nous avons appris en comité d'entreprise, mardi matin, que d'ici juin 2011, la fabrication Toyota sur le site de Carvin était terminée.

C'est un marché que l'on perd, on n'a pas réussi à l'avoir », expliquent David Herszer et Michel Wavrin, délégués syndicaux CGT.

Un marché qui représente tout de même la moitié de l'activité de l'usine carvinoise, l'autre moitié étant consacrée à Peugeot.

« Ce sont 60 personnes concernées, mais on ne sait pas qui exactement, qui seront transférées sur le site de Gondecourt mais seulement dans la production alors que certains ici étaient chef d'équipe, cariste, technicien de maintenance... Bref, dans l'encadrement. C'est comme s'ils étaient rétrogradés.

» Plus largement, c'est l'avenir du site qui soulève des craintes. « Carvin semble en fin de vie. Et est-ce qu'il sera encore viable avec une seule production ? On se le demande. »

Problème de prime

L'inquiétude semble fondée. Hier, de source syndicale - la direction se refusant à tout commentaire - on a appris que la fermeture du site de Carvin serait programmée pour la fin de l'année 2011.

Hier également, une entrevue a eu lieu entre les représentants syndicaux et ceux de la direction française de ce groupe international.

L'accord sur le transfert de personnel achopperait sur le montant de la prime que recevraient ceux qui partiraient pour le site de Gondecourt : 6 500 E au total selon la proposition de la direction, alors que les organisations revendiquent une prime de 9 000 E.

La Voix du Nord

Blocage et grève des salariés d'Eminence à Aimargues


13 h 30, hier, scène insolite devant le siège d'Éminence à Aimargues. Au bord de la route, les salariés en grève sont en train de faire quelques grillades. Depuis mardi, et après une nuit passée sur le site, ils ont, à 70 %, décidé de ce mouvement de revendication. « On veut défendre nos salaires. C'est sûr, le textile est un secteur où il y a pas mal de problèmes, de délocalisations, mais nous, on ne veut pas perdre notre pouvoir d'achat », explique Florence Amardeilh, déléguée syndicale CGT. À ses côtés, Xavier Sanchis et Monique Bouabdallah, les autres délégués syndicaux, sont d'accord. Et ce que la direction leur propose ne les satisfait pas. La réunion d'hier matin avec Joseph Serre, directeur de production, et Laurent Baratte, directeur financier, a d'ailleurs tourné court.

« Ils ont fait une bonne année, dégagé des bénéfices, le chiffre d'affaires est en progression »
, analyse encore Florence Amardeilh. Les salariés de la production - environ 350 personnes - demandent une prime de fin d'année de 1 000 et une augmentation de salaire de 3 %. De son côté, la direction - qui n'a pu être jointe - proposerait 300 de prime et aurait accepté une augmentation de salaire passée de 1,6 % à 2 %.

Hier, la situation était donc toujours bloquée et, selon certains, le conflit menaçait de se durcir. « Sur le site d'Aimargues, la production est bloquée, rien ne peut ni rentrer ni sortir. On empêche les camions d'accéder. Toute la sous-traitance ne rentre pas non plus », commente de son côté Monique Bouabdallah. « Oui, c'est vrai, les retraites, c'est dans l'actualité, mais il ne faut pas perdre de vue que le coût de la vie augmente énormément. Nous sommes nombreux à avoir reçu notre taxe d'habitation avec une augmentation de plus de 150 ... Alors, il faut aussi qu'on défende nos salaires, qu'on n'ait pas peur de se battre. Si on veut nos retraites, il faut augmenter nos salaires. Eux, ils s'en mettent plein les poches et nous, on nous en demande toujours plus », termine Florence Amardeilh. Sur le site de Sauve, 50 % des salariés étaient hier également en grève.

Après une nouvelle nuit passée dans les locaux pour les salariés, une réunion avec la direction est prévue ce matin.

Solidarité avec les ouvriers cambodgiens !


Plusieurs usines textiles cambodgiennes travaillant pour des marques occidentales (Adidas, Marks and Spencer, Tesco, Puma, Zara…) ont licencié 799 employés après leur participation à une grève, a annoncé vendredi un dirigeant syndical.
Environ 210.000 travailleurs - soit deux tiers du secteur - ont fait grève durant trois jours en septembre pour demander de meilleures conditions de travail et une augmentation salariale pour faire passer leur revenu de 56 à 93 dollars mensuels [de 42 à 70 euros].

Les syndicats demandent aux 16 usines concernées de réembaucher les salariés grévistes avant le 15 décembre, sous peine d'entreprendre des actions en justice ou de nouvelles grèves dans l'un des secteurs les plus porteurs pour la faible économie cambodgienne.

20minutes.fr

jeudi 2 décembre 2010

Industrie alimentaire : les 170 salariés grévistes bloquent le site Charal de Cholet


Depuis 3h du matin, ce mercredi, des salariés de Charal, en grève, bloquent l'abattoir, à l'appel de la CFDT. « Depuis deux ans, depuis notre reprise par le groupe Bigard, les négociations avec la direction sont peu satisfaisantes », déclare un gréviste. « Il n'y a pas eu d'harmonisation des accords et acquis sociaux, plus favorables à Bigard, en direction des salariés de Charal. »

170 salariés bloquent ce matin l'établissement. Des palettes en bois sont utilisées comme brûlots. Au total, en tenant compte des équipes de jour et de nuit qui se relaient devant l'abattoir, plus de 300 salariés sont en grève.

La réduction de l'intéressement suite à la reprise de Charal par Bigard, de l'ordre de « 1 400 euros par an » par salarié, devait être compensée par ladite harmonisation. « Mais la promesse n'a pas été tenue. On nous demande d'étaler cette harmonisation jusqu'à juin 2012. Nous, nous la voulons au 1er janvier 2011. On a déjà sacrifié l'année 2010 », rappelle Ludovic Le Bihan, délégué syndical CFDT.

Les trois jours non payés, suite au blocage de l'abattoir à la mi-octobre, par les éleveurs bovins, ont été « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ».

Ouest France

A lire également : Les salariés de l’usine Charal de Lisieux sont en grève (Ouest France)

Cholet. 71e jour de grève et le mouvement continue à Vendredi Média (Courrier de l'Ouest)

mardi 30 novembre 2010

Métallurgie : 9ème jour de grève chez valtimet

Les salariés ont reconduit la grève pour le 9e jour à l'entreprise métallurgique Valtimet mardi 30 novembre 2010.

Le mouvement de grève entamé le 22 novembre dernier se poursuit dans cette filiale du groupe Vallourec. Le site, qui fabrique des tubes en acier pour les centrales électriques et les centrales nucléaires, est bloqué. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2011 achoppent sur les salaires et le principe d'une prime d'objectif.

Les négociations sont au point mort depuis jeudi 25 novembre.

La dernière proposition de la direction consiste en une augmentation salariale de 1,6%, assortie d’une prime conditionnelle.

Les représentants des salariés ne sont pas d'accord. Ils réclament une augmentation générale de salaire plus conséquente, de l'ordre de 2,4%. Pour eux, les primes doivent rester un complément.

Aucun rendez-vous n'est prévu pour le moment entre direction et grévistes.

France3.fr

A lire également : À Allonnes, des salariés de NTN réclament une prime de 500 euros (Ouestfrance.fr)

lundi 29 novembre 2010

Métro : les travailleurs en lutte contre 800 suppressions de postes à Londres


Les employés du métro londonien ont entamé une grève de 24 heures hier dimanche à 18H30 locales (même heure GMT), la quatrième depuis début septembre, pour protester contre un plan de suppression de 800 postes, entraînant de nombreuses difficultés pour les usagers. La compagnie des transports de Londres (Transport for London, TFL) a indiqué qu'elle mettrait en service autant de rames que possible lundi mais que le trafic ne redeviendrait normal qu'à partir de mardi.


Un porte-parole du syndicat des transports (RMT) s'est félicité de l'impact de ce mouvement de grève, tandis qu'un représentant de TFL a démenti qu'il ait causé une perturbation significative.

"Cent pour cent de notre service est opérationnel et seul quelques stations ont fermé", a affirmé un porte-parole de la compagnie.

AFP

A lire également : Italie - grève: Naples sera nettoyée d'ici Noël (Tourmagazine.fr)
Grèce: le trafic maritime paralysé une semaine par une grève des marins (AFP)

dimanche 28 novembre 2010

Irlande : mobilisation massive contre l'austérité capitaliste

Entre 50.000 et 150.000 personnes ont manifesté samedi à Dublin contre le gouvernement de Brian Cowen, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.


A l'échelle du pays, la mobilisation est impressionnante. Avec ses 4 millions d’habitants, l’Irlande a vu défiler, samedi à Dublin, entre 50.000 (selon la police) et 150.000 personnes (selon la confédération syndicale Ictu). Malgré le froid et des chutes intermittentes de neige, les manifestants ont dénoncé le plan du gouvernement, qui devrait soumettre le pays à un régime d’austérité sévère afin d’assurer le sauvetage de son secteur bancaire. La marche s’est déroulée au son des cornemuses des quais de la Liffey jusqu’à la poste centrale, haut lieu de la révolution de 1916 contre les Anglais, où avait été lue la déclaration d’indépendance.

Une marche dans le calme, à l’exception de quelques incidents, survenus aux abords du Parlement, quand un petit groupe de manifestants a lancé des bouteilles et brûlé des affiches électorales du Premier ministre, Brian Cowen. Etudiants comme personnes âgées, électriciens comme universitaires: de très nombreux marcheurs ont brandi des pancartes et repris des slogans contre la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. "Ils ont conduit l’Irlande à la ruine", "l’Irlande n’est pas à vendre", pouvait-on lire sur des banderoles ; "Brûlez un porteur d’obligations aujourd’hui" enjoignait une autre…

"Nous avons bravé la neige parce qu’il est important que des gens comme nous fassent entendre leur voix", explique John Murphy, un conducteur de bus à la retraite venu avec sa femme. "L’Irlande a déjà tellement perdu. Nous ne pouvons pas nous permettre de céder aux pressions venues de l’extérieur et de perdre encore davantage." Autre cible des manifestants, le gouvernement irlandais, jugé par beaucoup désormais illégitime. De nombreux jeunes ont exprimé leur crainte de devoir quitter le pays pour trouver un emploi, comme tant d’Irlandais par le passé: "Plusieurs de mes amis sont déjà partis, confie Sheila, récemment diplômée. Il y a si peu d’emplois, si peu d’espoir en l’avenir. Le gouvernement a trahi ma génération et maintenant, voici mon pays vendu au FMI."

"Un plan de sauvetage des élites de ce pays"

Tandis qu’elle et les autres se rassemblaient devant la poste centrale, les autorités irlandaises finalisaient leurs négociations avec les représentants de l’Union européenne et du FMI. "On y est presque mais l’accord n’est pas encore fait", ont indiqué en fin d’après-midi deux sources proches des négociations. En jeu, un accord sur une aide de près de 85 milliards d’euros au pays.

C’est dimanche que les ministres des Finances de l’Union européenne se réuniront à Bruxelles pour valider ce soutien. Les détails du plan de sauvetage, notamment les contreparties, étaient toujours en cours de négociation samedi en fin de journée. Selon la chaîne de télévision publique irlandaise RTE, l’Irlande pourrait devoir accepter un taux d’intérêt de 6,7% sur l’aide financière accordée par l’Union européenne et le FMI. Bien plus que les 5,2% acceptés par la Grèce au printemps dernier.

Plusieurs organisateurs de la marche ont dénoncé l’attitude du gouvernement et la perspective d’années de disette. Fintan O’Toole, éditorialiste au Irish Times, le quotidien de référence, a aussi raillé "ce gouvernement sans légitimité qui scelle un accord avec des gens que personne n’a élus. Ce plan n’est pas un plan de sauvetage de l’Irlande mais bien un plan de sauvetage des élites de ce pays." Ce qu’un leader syndical a résumé d’une formule lapidaire: "Les mesures annoncées vont conduire à une crucifixion des pauvres!"

Le remède prôné par les autorités irlandaises, le FMI et l’Union européenne s’annonce drastique : 15 milliards d’euros d’économies à faire d’ici à quatre ans, soit le plan d’économies le plus rude jamais adopté en Irlande. Près de 25.000 emplois dans la Fonction publique vont être supprimés, les allocations sociales comme les retraites vont sensiblement diminuer tandis que de nouvelles taxes, sur la propriété et l’eau, vont voir le jour. Lourdement défait lors d’une législative partielle, le parti au pouvoir, le Fianna Fail, voit arriver avec angoisse les élections anticipées qu’il a été contraint d’annoncer pour le début de l’année prochaine.

LeJdd.fr

samedi 27 novembre 2010

Capitalisme : le travail contre la santé


Une personne active sur deux déclarant au moins un problème de santé chronique considère qu'il est "causé ou aggravé" par le travail, selon une étude de la Dares (ministère de l'Emploi) publiée vendredi.

68% des actifs occupés déclarent connaître un ou plusieurs problèmes de santé chroniques, c'est-à-dire remontant à plus de six mois, selon la Dares qui a analysé des chiffres de l'Insee collectés en 2007. Les problèmes les plus souvent cités sont des "problèmes de stress, d’anxiété" (30%), puis des problèmes de dos (26%) et des maux de tête ou migraines (24%).

Dans près de la moitié des cas (48%), les personnes qui signalent au moins un problème de santé chronique considèrent qu’il est "causé ou aggravé" par le travail.
Les affections lombaires et musculo-squelettiques ainsi que les problèmes psychologiques sont les problèmes de santé les plus souvent associés au travail par les personnes interrogées: plus de six fois sur dix, ces pathologies sont jugées "causées ou aggravées" par le travail.

En outre, 40% des actifs en emploi disent avoir un problème chronique de santé (lié ou non à leur travail) qui leur occasionne une gêne dans leur vie courante, que ce soit au travail, pour se déplacer ou dans les activités quotidiennes. 19% affirment que cette gêne est importante.

Le Figaro

vendredi 26 novembre 2010

Picavet Bondues : ouvriers contre patronat


La société Picavet Bondues, reprise en 2003 par le groupe Flamme, est spécialisée dans l'assainissement. Des salariés sont allés il y a quelques mois alerter la CGT sur leurs conditions de travail. Depuis, deux licenciements ont été prononcés, certains salariés ont organisé un débrayage, une première, et l'inspection du travail a été alertée.

« Des salariés sont venus nous voir en début d'année pour nous faire part de leurs conditions de travail », explique le secrétaire général de l'union locale CGT de Tourcoing, Samuel Meegens. « Nous avons halluciné. » À tel point que la section locale devrait se porter partie civile dans les deux affaires portées devant les prud'hommes par les deux salariés licenciés en juin. « La boîte ne représente que 14 salariés et ça nous prend un temps fou. La direction se place ouvertement en dehors du code du travail », justifie le secrétaire général.

Les faits sont pourtant simples, aux dires des ouvriers : « Heures supplémentaires non rémunérées, dépassement de l'horaire quotidien et hebdomadaire, délai de prévenance de sept jours non respecté avant la modification des horaires de travail, un maintien de salaire sur une base de 151 h 57 avec compteur d'heures positifs ou négatifs qui n'est pas respecté, une douche existante qui n'est pas aux normes et une deuxième cabine qui n'est pas utilisable. » Les ouvriers déplorent aussi l'utilisation de harnais de sécurité pas aux normes de travail, un travail qui s'effectue parfois dans des cuves à 60 ° C.

Ces revendications ont été possible grâce à la mise en place d'élections professionnelles, il y a quelques mois seulement. « Là aussi, ça n'a pas été simple. Ces élections étaient prévues depuis 2006, il a fallu que je fournisse tout le protocole à la direction », constate le secrétaire général de la CGT. Fabrice Costeaux délégué CGT est en place depuis ces élections. Malgré sa légitimité, en octobre, il demandait encore à la direction « la mise à disposition pour le délégué du personnel et le paiement des heures de délégation en plus de la journée de récupération. »

Rappel à l'ordre

La direction, rappelée à l'ordre en octobre sur les différentes revendications des salariés par l'inspection du travail, a promis qu'il y aurait régularisation. C'est sans doute ce que l'inspection du travail a voulu vérifier en inspectant le site mardi. Joint par nos soins, M. Flamme déplore l'attitude de ses salariés : « Si ça leur fait plaisir, moi j'ai d'autres soucis pour faire tourner la boutique ». Pour les heures supplémentaires, M. Flamme a tranché : « il n'y en aura plus, les ouvriers feront 35 heures, c'est tout. » Pour la douche, « celle en place est suffisante. Ils ne sont que 50 % à l'utiliser ». Pour les changements d'horaires, le patron est clair : « Nous sommes une société de service et, en général, nous intervenons en urgence chez les gens. La prochaine fois, je dirai aux clients qui demandent un débouchage que nous viendrons mais dans sept jours ! » La direction a terminé la conversation en indiquant qu'ils avaient apporté beaucoup au site depuis 2003. Sans souhaiter détailler les dites améliorations.

« Le travail n'a pas changé, on demande juste notre dû. ce n'est pas normal que pour un travail aussi ingrat on soit payé au lance-pierre », conclut, amer, Fabrice Costeaux qui n'entend pas baisser la garde. Même si : « La direction nous a menacés, "si vous continuez comme ça, dans deux mois on ferme boutique". »

La Voix du Nord

jeudi 25 novembre 2010

Grève contre des "conditions de travail dignes du moyen âge" chez JKET (Lyon)

Tous les lundi et vendredi, par tranche de deux heures, les salariés, emmenés par la CGT, protestent depuis le 15 octobre contre des "conditions de travail dignes du moyen âge". est notamment pointée une nouvelle organisation du travail mise en place depuis la fin des 35 heures, le 4 octobre. Selon la CGT, elle a déjà engendré le licenciement de 26 personnes et 70 emplois seraient à terme supprimés. Nous re-publions sur le sujet un article paru dans le mensuel Lyon Capitale de juillet 2010.

Jusqu’où peut-on aller pour sauver son emploi ? C’est la question que se posent les ouvriers de l’usine JTEKT d’Irigny qui fabrique des directions pour les constructeurs automobiles. Le 11 juin, 663 des 1400 employés de l’équipementier japonais ont reçu un courrier recommandé de la direction leur demandant s’ils acceptent d’augmenter leur temps de travail. S’ils refusent, ils seront licenciés. Finis les vendredis de libres une semaine sur deux, place au 5 X 7h20 tous les jours de la semaine. Dans son courrier, la direction de JTEKT met en avant des “perspectives alarmistes” pour les deux prochaines années : “Le groupe doit faire face à la baisse des volumes, des marges et des prix impactant gravement son chiffre d’affaires. En l’absence de mesures complémentaires, les filiales françaises du groupe enregistreraient encore des pertes importantes en 2010 et 2011” . JTEKT réaffirme, par la voix de son porte-parole, que le projet, nommé Regain, doit amener Irigny à être davantage concurrentiel par rapport à la Pologne ou la Corée du Sud “qui n’ont pas les mêmes coûts horaires, ni la même fiscalité” , précise Yannick Lacour, directeur du planning stratégique.

Compétitivité et régression sociale

À la sortie de l’usine, les équipes du matin viennent de céder leur place à celles de l’après-midi. L’ambiance est à la morosité. La plupart des ouvriers qui sortent des ateliers ont reçu leur courrier. “J’ai deux choix mais il y en a un où je suis licencié” , précise un salarié de 45 ans. “On perd deux vendredis de repos par mois pour 7% de salaire en plus. Ce n’est pas cher payé” , ajoute son collègue. D’autres ouvriers en bleu de travail couleur blanc et rouge (les couleurs de l’équipementier japonais) pointent des problèmes de garde des enfants, de transport, et surtout d’une pénibilité accrue du travail.

Des conditions de travail déjà difficiles

Plusieurs études sur l’usine JTEKT d’Irigny mettent déjà en avant une dégradation de la santé des ouvriers due à la mise en place de nouvelles lignes de production en 1998. “Une aggravation de l’exposition aux risques, propice à la survenue d’accidents graves ou de troubles musculo-squelettiques” , note une enquête de l’INRS de juillet 2007. Tandis que l’étude du cabinet Secafi mandaté par le comité d’entreprise souligne une augmentation des problèmes de santé psychologiques et physiologiques, avec notamment la multiplication des tendinites. La CGT, largement majoritaire chez les ouvriers, est vent debout contre le projet Regain, sur le plan économique et des conditions de travail. “Les cadences sont déjà très dures à suivre. On a doublé la productivité depuis 2000, précise le secrétaire du syndicat Abdel Yousfi. Les ouvriers ont besoin de pouvoir d’achat mais cela ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail” .

Les vieux au rebus ?

La CGT accuse la direction de vouloir faire un plan social déguisé pour faire partir les plus de cinquante-cinq ans qui ne tiennent plus les cadences. La direction de JTEKT répond que Regain “n’est pas un projet d’entreprise qui vise à réduire l’emploi" mais reconnaît par ailleurs vouloir faire partir une cinquantaine de personnes. Ce qui correspond au nombre des plus de 55 ans. Pour inciter au départ, Jtekt voulait même boucler un plan social avant d’envoyer les courriers aux ouvriers. Saisi par le comité d’entreprise, le tribunal de Lyon a condamné Jtekt par une décision du 25 mai. Cette annulation de la procédure a permis à la CGT de gagner du temps. Elle espérait obtenir “davantage de RTT et de salaire” . La direction n’a rien cédé. Et le local syndical s’est depuis transformé en bureau des pleurs.

Lyoncapitale.fr

A lire également : Grève totale pour les salariés de Valtimet (Le Bien Public)

mercredi 24 novembre 2010

"Cher capital, pauvre travail" : la presse capitaliste s'inquiète de l'ampleur de la lutte des classes

Gauche Marxiste - La presse capitaliste (ci-dessous L'Expansion) s'inquiète du retour et de l'ampleur prise par la lutte des classes ces derniers mois. Et de nous livrer une redoutable synthèse de l'exploitation capitaliste actuelle sans comprendre toutefois la nature même du capitalisme, qui n'est ni "moralisable" ni "à réguler".

Et si c'était le grand retour de la lutte des classes ? Le CAC 40 fait la part belle aux actionnaires et laisse les salariés sur leur faim. Plongée dans cette mécanique de répartition des richesses dangereuse pour la croissance.

49 milliards d'euros

C'est la somme versée par Total entre 2003 et 2009 à ses actionnaires. Contre 41 milliards payés à ses salariés.

"Aujourd'hui, le capital démolit le travail. Augmenter les dividendes pour les actionnaires et en même temps mettre les salariés à la porte tient du sacrilège." Cette diatribe n'est pas proférée par un gréviste CGT à la tête d'un cortège de manifestants, mais par un prêtre, le père Philippe Bachet, lors d'une "procession" organisée à Villemur-sur-Tarn le dimanche 7 novembre avec ceux de ses fidèles qui ont été licenciés de l'usine Molex. Don Camillo transformé en Peppone ! Sans doute un beau folklore, sur cette terre réfractaire du Midi, mais aussi un signe d'exaspération plus profond, palpable dans tout le pays : "Même dans les sociétés les plus puissantes et les plus rentables, les salariés français voient le partage des richesses se déformer au bénéfice des profits. Hier, ils ne comprenaient pas, aujourd'hui, ils ont peur", décrypte l'économiste de Natixis, Patrick Artus.

Et les chiffres publiés par L'Expansion sur les différences de traitement entre salariés et actionnaires au sein de quelques fleurons français ne vont certainement pas apaiser leurs craintes ni leurs rancoeurs. Sur les sept dernières années (entre 2003 et 2009), 24 groupes du CAC 40 croulant sous les profits ont augmenté leur masse salariale par employé de seulement 8 % en moyenne, alors que les dividendes par action gonflaient de 110 %. Les uns se serrent la ceinture, les autres se livrent à une orgie de coupons. Prototype de ce favoritisme actionnarial : L'Oréal. Les actionnaires valent bien un doublement du dividende entre 2003 et 2009, mais les sommes consacrées aux rémunérations restent désespérément étales.

Total se surpasse pour ses actionnaires

A Vallourec, le clientélisme boursier tient même de la caricature : un rendement en hausse de 1 000 %. "Notre politique de distribution correspond aux meilleures pratiques du CAC 40, se défend Etienne Bertrand, chargé des relations avec les investisseurs. Des dividendes réguliers et suffisamment attractifs - un tiers des résultats du groupe en moyenne - sont appréciés des investisseurs à long terme que nous recherchons, comme les fonds de pension peu spécu-latifs."

Mieux - ou pis - avec Total, le champion des profits toutes catégories. Ici, la rente versée aux actionnaires entre 2003 et 2009 - sous forme de dividendes et de rachats d'actions - dépasse de 19 % les sommes dédiées à la rémunération des salariés. Un fait exceptionnel, même parmi les généreux copains du CAC. De quoi ressortir les piquets de grève pour les planter aux portes des raffineries ? "A quoi bon repartir pour un tour ? La lutte entre le capital et le travail ne se fait plus à armes égales. Les investisseurs placent et déplacent leurs milliards sur les carnets d'ordres à la vitesse de la lumière. Ils peuvent mettre les salariés - en particulier français - en concurrence avec une armée de travailleurs sous-payés", précise Jacques Delpla, membre du Conseil d'analyse économique, coauteur d'une étude sur le partage de la valeur ajoutée.

Entre 1999 et 2009, les employés de Lafarge dans le monde ont augmenté leur productivité de 56 %, quand leurs salaires progressaient d'à peine 26 %.

Et, dans ce face-à-face inégal, les actionnaires enfoncent le clou depuis le krach boursier. Pris dans le piège de la spéculation, ils auraient pourtant dû en rabattre sur leurs exigences exorbitantes de return on equity. C'est l'inverse qui se produit ! "Pour soulager leur perte en capital sur les marchés, ils veulent garder des dividendes élevés. Cette année, le CAC 40 vient de leur verser 36 milliards d'euros, soit 77 % de leurs bénéfices", calcule Sonia Bonnet-Bernard, expert financier pour le cabinet Ricol-Lasteyrie. Certains patrons de la cote font même du zèle pour s'attirer les bonnes grâces de leurs actionnaires. Malgré ses petits 327 millions de bénéfices en 2009, Carrefour fait ainsi valoir le double de dividendes et puise dans ses réserves, comme une douairière céderait des biens pour doter sa fille.

Et, au fait, pour qui une telle sollicitude ? Le retraité californien, le trader spéculateur, le gestionnaire de fonds ? Un peu tout le monde à la fois. "Les fonds de pension se trouvent eux-mêmes sous la pression de leurs souscripteurs, retraités ou épargnants. Avec le vieillissement démographique, ils doivent leur servir des rentes en hausse de 6 à 7 % par an. Ils répercutent logiquement cette demande sur les patrons des multinationales, lesquels transmettent les impératifs aux salariés", explique Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président d'Axa Investment Managers, à la tête de 522 milliards d'euros confiés en partie par les fonds de pension. Chacun agit donc d'après les instructions de son mandant.

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Inde : 400 ouvriers menacés par la direction armée ripostent



400 ouvriers indiens menacés par un cadre armé d'un revolver ont riposté contre la direction et l'encadrement. Samedi dernier les ouvriers de Allied Nippon (automobile) ont menacé de faire grève c'est alors qu'un cadre aux ordres de la direction a sorti une arme et a fait feu ("en l'air" selon les sources patronales). Les ouvriers se sont ensuite armés de bâton et ont organisé leur propre défense en chassant la direction et les cadres de la Direction des Ressources humaines. Le patron a succombé à ses blessures. Neuf ouvriers ont été arrêtés, la cadre auteur des coups de feu n'a lui pas été inquiété. Nous tiendrons les lecteurs de Tribune Marxiste informés de la mise en place éventuelle d'une solidarité internationale ouvrière.

Tribune Marxiste

Grève à Abengoa (Pau) : solidarité ouvrière et soutien financier


Téléphone muet, pas plus de contact avec la direction d'Abengoa Espagne, le personnel en grève se pose bien des questions. « Nous sommes à une semaine de grève et on en est au même point : du chantage et rien de concret. Il ne doit pas être difficile de se mettre autour de la table pour négocier ou alors notre direction locale a ordre de laisser pourrir le mouvement. Nous allons monter la pression d'un cran en interpellant les élus locaux (qui ne sont pas encore venus rencontrer les grévistes), voir comment fournisseurs et clients peuvent faire pression sur notre direction », soulignait Didier Cazaurang le délégué CGT et porte-parole des grévistes.

Hier matin, une centaine de personnes (retraités, salariés des sites de Total, Arkema et des entreprises locales des sous-traitants sont venus soutenir les grévistes avant de partir manifester à Pau. Saturnin Garcia, le secrétaire général de l'Union locale CGT du bassin de Lacq, a salué le courage exemplaire des salariés en grève, rappelant que leur première revendication sur les salaires a été faite le 10 janvier. Un soutien financier aux salariés va être mis en place par la CGT.

Larepubliquedespyrenees.fr

Les salariés d'Ingersoll Rand bloquent l'usine

L'usine Ingersoll Rand, à Sin-le-Noble, est en grève. Les 70 salariés revendiquent une prime extra légale « décente ». Ils ont bloqué l'accès du site et confiné dans ses bureaux la direction.

La grande grille verte est fermée par une chaîne et un cadenas. « Plus rien ne rentre, plus rien ne sort. » Pas même les représentants de la direction d'Ingersoll Rand, à Sin-le-Noble. Depuis hier en début d'après-midi, Olivier Dentu, PDG, Frédéric Pierrejean, directeur du site, et Salvadore Para, directeur financier, sont retenus dans les bureaux de l'usine sinoise. Les 70 salariés ont décidé de ne pas reprendre le travail après leur pause et de bloquer l'accès à l'usine.

Dans la matinée, a eu lieu une réunion informelle entre la direction et le CE pour évoquer le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). « Le PSE n'est pas mauvais », reconnaît l'intersyndicale (FO, CFDT, CGT). Qu'est-ce qui coince alors ? La prime extra légale. Là où la direction propose 5 000 E, et 1 000 E par année d'ancienneté, les syndicats réclament un an de salaire moyen et un mois de salaire par année de présence. « On demande un minimum décent. On insiste sur ce mot "décent". On ne peut pas descendre en dessous », résume Jean-Claude Lefebvre, délégué syndical FO.

« On est déterminé, on n'a pas le choix. Après ça, il n'y a plus rien, s'indigne Marie-Pierre, salariée d'Ingersoll depuis vingt-six ans. La prime extra légale, la direction ne veut pas en entendre parler. Nous, on veut en parler maintenant pour savoir où on va. » « On joue le jeu mais nous ne négocierons absolument rien sous la pression. » La détermination est de rigueur aussi du côté de la direction, qui joue la carte de l'apaisement. « Nous sommes restés volontairement sur le site, ajoute Olivier Dentu. On ne va pas faire de provocation, on ne porte pas plainte. On les laisse faire pour l'instant mais c'est illégal.

» La direction, qui se dit compréhensive et « ouverte à la discussion », n'entend pas céder sous la pression. « Je comprends la frustration des employés, poursuit le PDG. Nous sommes très conscients de ce que les gens attendent, des difficultés qu'ils vont rencontrer. » Hier, les salariés se préparaient à passer leur première nuit de grève sur le site. En s'organisant : une structure en métal recouverte d'une bâche, prêtée par la mairie, pour s'abriter, des boissons et de quoi se restaurer, des palettes qui brûlent dans des tonneaux. La nuit s'annonçait froide et longue.

La Voix du Nord

mardi 23 novembre 2010

Victoire des ouvriers grévistes de la fonderie Bouhyer !


Les salariés de la fonderie Bouhyer ont voté à l'unanimité, ce soir, la reprise du travail dès demain matin à 5h. En effet, les syndicats ont obtenu une hausse des salaires de 2% à partir de janvier. La grève durait depuis mardi et touchait la quasi totalité des ouvriers de la production.

Hyundai (Corée) : Capital contre Travail (extension de la grève)


Le titre Hyundai (005380.KS: Cotation) a perdu plus de 3% mardi à la Bourse de Séoul, sous le coup des craintes des investisseurs de voir le durcissement d'un conflit social peser sur la production du premier constructeur automobile sud-coréen.

L'action du numéro cinq mondial du secteur a terminé en baisse de 3,05% à 175.000 wons, entraînant à la baisse les autres constructeurs sud-coréens et sous-performant nettement le marché boursier dans son ensemble .KS11 (-0,79%).

Selon un responsable de Hyundai, le groupe souffre d'un manque à gagner en termes de production de 100 milliards de wons (65 millions d'euros) en raison d'un mouvement de grève lancé le 15 novembre par des salariés temporaires dans l'usine d'Ulsan, dans le sud-est du pays.

Les analystes financiers redoutent une montée en puissance du mouvement social, qui pourrait perturber encore davantage la production et peser sur les bénéfices trimestriels.

"Nous pensons que Hyundai va afficher au quatrième trimestre les meilleurs résultats trimestriels de son histoire. Si la grève se prolonge, cette performance pourrait être remise en cause", commente Lee Sang-hyun, analyste chez NH Investment & Securities.

Le personnel temporaire, qui a voté pour le principe de l'extension de la grève au début du mois prochain si la direction n'engage pas de pourparlers, exige pour l'essentiel des contrats à durée indéterminée.

L'industrie automobile sud-coréenne connaît régulièrement des mouvements sociaux. Ssangyong (003620.KS: Cotation), qui vient d'être racheté par l'indien Mahindra & Mahindra (MAHM.BO: Cotation) (voir [ID:nLDE6AM03G], a ainsi vu sa production être quasiment réduite à néant l'an dernier à la suite de deux mois de grève.

"Les conflits sociaux ont été l'une des composantes essentielles du marché sud-coréen sur l'année écoulée", a déclaré Umesh Karne, analyste chez Brics Securities.

Reuters

A lire également (archives) : Victoire syndicale avec la fin de la grève chez Hyundai India (International Metalworkers’ Federation - IMF)

Les salariés de Swissport en grève pour leurs salaires


Ce matin, des salariés en grève de la société d'import-export Swissport à Lesquin ont dressé un barrage filtrant à l'entrée de l'accès fret de l'aéroport de Lesquin.

Ils entendaient ainsi se faire entendre de leur direction pour obtenir une augmentation des salaires et une amélioration de leurs conditions de travail. L'entreprise emploie une quarantaine de personnes. Une grève du même type avait été menée à la fin du mois d'octobre, pour les mêmes raisons. Ayant eu l'assurance de pouvoir dialoguer avec les représentants de la direction qui viendront de Paris, vendredi, les grévistes ont levé le mouvement.

La Voix Eco

Grève générale au Portugal contre l'austérité


Les salariés portugais, privé et public confondus, devraient répondre massivement mercredi à l'appel à la grève générale lancé par leurs syndicats, unis pour la première fois depuis 1988 pour dénoncer l'austérité imposée par le gouvernement, sous la pression des marchés.

Après les importants mouvements sociaux qu'ont connus récemment la Grèce, l'Espagne ou la France, le Portugal devrait être à son tour paralysé par ce qui sera, selon les syndicats, "la plus grande grève de toujours".

"La mobilisation des travailleurs est énorme", assure Manuel Carvalho da Silva, secrétaire général de la CGTP, la principale centrale syndicale du pays.

Alors que le Portugal se retrouve, après la Grèce et l'Irlande, dans la mire des marchés financiers, le dirigeant syndical appelle le gouvernement socialiste de José Socrates à refuser le "chantage des usuriers internationaux" et leur "recette de sacrifices".

Le Parlement portugais doit définitivement adopter vendredi un budget d'une rigueur sans précédent, qui doit permettre au pays de réduire son déficit public de 7,3% du PIB cette année à 4,6% fin 2011.

Cette cure d'austérité, qui cumule baisse de salaires, hausse d'impôts et diminution des prestations sociales, devrait entraîner une forte baisse du pouvoir d'achat dans un pays où le salaire moyen est inférieur à 800 euros.

"Il est inacceptable que les travailleurs fassent l'essentiel des sacrifices", dénonce Joao Proença de l'UGT, centrale historiquement proche du Parti socialiste.

"On ne peut pas accepter que la première, la deuxième, et la troisième priorité du Portugal soit le déficit", ajoute le syndicaliste, qui met en avant l'"impact négatif" de cette politique sur l'emploi, alors que le taux de chômage a atteint le niveau historique de 10,9%.

Après la CGTP et l'UGT, de nombreux syndicats ont annoncé leur ralliement à la grève générale, notamment dans la banque, la presse, mais aussi le secteur pétrolier et les transports.

Plus de 500 vols devraient être annulés dans les différents aéroports portugais en raison de la grève des personnels de la compagnie publique TAP. Les ports, notamment de Lisbonne et Setubal, devraient également être paralysés.

Les déplacements devraient être particulièrement difficiles dans la capitale portugaise, où aucun service minimum ne sera assuré dans les transports.

La dernière grève générale au Portugal remonte à mai 2007 et avait été organisée à l'époque par la seule CGTP, proche du Parti communiste, pour protester contre la politique de rigueur menée par le premier gouvernement de José Socrates, déjà pour redresser les déficits.

Lundi, le patron des syndicats européens, le Britannique John Monks, était à Lisbonne pour "aider à la préparation" de la première grève générale unitaire depuis 1988.

Lors d'une conférence de presse, il a prédit "beaucoup d'agitation et de grèves générales dans les mois qui viennent" en Europe.

AFP